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11 avril 2022

Lucie Charest - lcharest@lexismedia.ca

Payer l’accès au Wi-Fi dans les hôpitaux de Rouyn-Noranda et Ville-Marie

Après la carte d’assurance-maladie, la carte de crédit

Wi-Fi CISSSAT

©Lucie Charest

L’accès au Wi-Fi peut être fort utile pour ceux dont le forfait du téléphone intelligent est réservé uniquement aux appels et aux textos.

Les usagers des hôpitaux de Rouyn-Noranda et de Ville-Marie auront été enchantés de découvrir les affiches dans les salles d’attente indiquant qu’ils ont maintenant accès au Wi-Fi. Certains auront déchanté toutefois en constatant qu’ils devaient fournir leur numéro de carte de crédit pour ce faire.

Les résidents de l’Abitibi-Témiscamingue qui reçoivent des soins ou subissent des examens dans les grands centres profitent gratuitement des services de Wi-Fi dans ces établissements de santé urbains depuis plusieurs années. C’est le cas de Chantal Tremblay, une résidente de Duhamel-Ouest.

Une fois de retour au Témiscamingue, après avoir récemment reçu des soins dans différents établissements de Montréal, elle a dû se rendre à l’urgence de Ville-Marie. Comme il y avait plusieurs heures d’attente, malgré quelques réticences, elle a consenti à donner son numéro de carte de crédit pour avoir accès au livre numérique dont elle avait entamé la lecture sur son iPad quelques jours plus tôt.

«Tout d’abord, je ne connaissais pas le fournisseur du service, a-t-elle relaté. Avec tous les stratagèmes de fraude qui se multiplient, je ne me sentais pas forcément à l’aise. C’est un peu désolant de devoir fournir son numéro de carte de crédit en entrant à l’urgence.»

Un homme diabétique dans la soixantaine, qui préfère taire son identité, avait reçu des soins de santé au CHUM. Il a eu une surprise similaire à celle de Mme Tremblay lorsqu’il s’est rendu chez son médecin de famille à l’hôpital de Ville-Marie. Ses relevés de glycémie se trouvaient dans son téléphone intelligent. Or, il n’a pas eu accès à son cloud car il devait payer pour le Wi-Fi et il ne détenait pas de carte de crédit. Son médecin n’a pas pu ajuster sa médication lors de ce rendez-vous ni lui faire les recommandations alimentaires liées à sa condition.

Réduire les coûts de stationnement et ajouter d’autres frais

Un autre point qui avait fait sourciller Chantal Tremblay est le prix pour se connecter. Celui-ci varie de 3 $ l’heure à 40 $ par mois en passant par 7 $ par jour et 25 $ pour une semaine.

«Ça coûte pratiquement plus cher de se brancher au Wi-Fi ici dans nos hôpitaux que de stationner son auto à un hôpital de Montréal où les coûts de stationnement ont été diminués de 26 $ à 10 $ par jour», s’est-elle indignée.

Ces coûts de stationnement, révisés à la baisse, sont entrés en vigueur le 20 juin 2019. La ministre de la Santé de l’époque, Danielle McCann, en avait fait l’annonce la veille. Il s’agissait de la gratuité pour les deux premières heures de stationnement ainsi que d’un tarif maximal quotidien entre 7 $ et 10 $, selon les régions. Cette réduction visait toutes les installations publiques du réseau de la santé et des services sociaux, incluant les CLSC. Des investissements de 120 M$ avaient dès lors été réservés afin de compenser les établissements pour la perte de revenus découlant de la baisse des tarifs de stationnement. «La tarification des stationnements ne devrait jamais être un frein pour recevoir des soins de santé», avait-elle alors déclaré.

Près de 15 000 $ en 10 mois

Le déploiement du Wi-Fi par le CISSSAT a débuté à l’Hôpital de Rouyn-Noranda en mars 2021. Il a par la suite été accessible à Ville-Marie en septembre 2021. Il est actuellement en déploiement à l’hôpital de La Sarre. Enfin, il devrait être disponible à Val-d’Or et Amos, d’ici le début de l’été 2022.

D’après les documents obtenus en vertu de la Loi d’accès à l’information, entre mars 2021 et décembre 2021, les ventes de service Wi-Fi aux usagers de Ville-Marie et de Rouyn-Noranda ont totalisé 14 841,16 $ après taxes. Sur cette somme, 3071,35 $ ont été remis à DataValet, une firme spécialisée en solutions Wi-Fi pour différents clients, dont les restaurants, les magasins de détail, les banques, les compagnies d’assurance, les établissements de santé, les aéroports, les hôtels et les campus scolaires. Ainsi, les 11 769,63 $, ou 10 236,68 $ avant taxes, restants retournent dans les coffres du CISSSAT.

«Les coûts assumés par les utilisateurs permettent de supporter les frais liés au déploiement de ce service, d'en assurer la continuité et régler les frais de transactions, a indiqué par courriel François Bérubé, directeur des ressources informationnelles et responsable de la sécurité de l’information au CISSSAT. Ceci, dans un objectif de pouvoir offrir dès maintenant un service de Wi-Fi à la population qui fréquente nos installations. Cela représente des coûts supplémentaires pour l'organisation, et ce dans un contexte de déficit budgétaire. L'organisation a fait le choix d'offrir ce service alors que l'utilisateur assume certains frais.»

WI-Fi

©Depositphotos

Les réseaux Wi-Fi sont de plus en plus accessibles.

Ailleurs au Québec

Le CHUM a été le premier établissement de santé à offrir gratuitement le service Wi-Fi à ses usagers dès janvier 2013. Il s’agissait alors d’un projet pilote déployé dans les aires de restauration de ses trois hôpitaux, soit Notre-Dame, Hôtel-Dieu et Saint-Luc. Le projet avait été réalisé en collaboration avec Île sans fil, une entreprise d’économie sociale chapeautée par le CÉSIM ou Conseil d’économie sociale de l’Île de Montréal.

Depuis 2019, le Wi-Fi est entièrement gratuit dans les salles d’attente de l’Institut universitaire de Cardiologie et de Pneumologie de Québec.

Le CHU de Québec offre pour sa part deux options à ses usagers, soit un service de Wi-Fi de base gratuit, et un service payant haute vitesse. Ce dernier se traduit par des coûts de 2 $ l’heure, 5 $ pour 24 heures, 20 $ pour une semaine et 40 $ pour 30 jours. Les profits sont versés à la Fondation du CHU de Québec-Université Laval, lesquels contribuent à maintenir la qualité et le caractère humain des soins et des services de santé, à la recherche et à l’enseignement de même qu’à demeurer à la fine pointe des innovations technologiques.

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