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23 novembre 2023

Michel Ducas - mducas@medialo.ca

Mines : les Algonquins haussent le ton

Les chefs de Pikogan et Lac-Simon veulent faire bouger Sayona

Algonquins Sayona

©Gracieuseté - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Les Algonquins de Pikogan et Lac-Simon rappellent que les installations de Sayona, à La Corne, sont situés sur un territoire autochtone non cédé.

Les communautés de Pikogan et Lac-Simon veulent la part du développement minier qui leur revient.   Les chefs des deux communautés ont profité du congrès Québec Mines et Énergie, qui se tient ces jours-ci à Québec, pour dénoncer le manque de considération de la part du gouvernement du Québec et de la minière australienne Sayona, dans le dossier des minéraux critiques et stratégiques. 

Après deux ans de négociations entre les communautés autochtones, la compagnie minière et le gouvernement du Québec, rien n’a bougé au goût des Autochtones.  « Il est nécessaire de rappeler que les principaux minéraux critiques de la stratégie québécoise se trouvent tous sur des territoires ancestraux non cédés de Premières Nations, indiquent dans une lettre ouverte le chef de Lac-Simon, Lucien Wabanonik, et la cheffe de Pikogan, Chantal Kistabish.   Québec persiste à refuser de partager avec les Premières Nations une portion des redevances minières que le gouvernement retire des mines sur nos territoires. Pourtant, cette pratique est courante ailleurs au Canada. Les gouvernements de l’Ontario et de la Colombie-Britannique montrent la voie à suivre et partagent les redevances minières depuis plusieurs années. »  

Rien de plus du côté de Sayona 

Alors que la minière Agnico Eagle a signé l’été dernier une entente de partenariat avec les Abitibiwinni de Pikogan, Sayona refuse de faire de même, selon les chefs Wabanonik et Kistabish.  « Du côté de Sayona, on assiste à une triste pièce de théâtre, disent les chefs. Alors que la compagnie ne cesse de dire qu’elle souhaite établir un partenariat avec nous, elle refuse toujours de nous inclure dans la seconde transformation du lithium, une composante clé. Pourtant, cette seconde transformation est la partie la plus profitable d’un projet de lithium. » 

« Les compagnies minières établissent des partenariats avec les communautés cries de la Baie-James à cause des conventions signées, rappelle le chef Lucien Wabanonik, en entrevue au Citoyen.  Tout ce que nous voulons, c’est le même traitement.  C’est la possibilité pour nos jeunes de travailler, pour nos entreprises d’obtenir des contrats. » 

L’environnement est aussi au cœur des préoccupations des communautés algonquines.  « Quand nous négocions, nous regardons tous les aspects de l’être humain, précise M. Wabanonik.  Nous regardons les impacts sur l’eau, sur la faune, sur la nature qui nous entoure.  Pour nous, c’est important. »  

Des actions envisagées 

« Devant le refus incessant de Québec de partager équitablement les redevances minières, et la mauvaise foi de Sayona à la table de négociation, un constat s’impose : il n’y aura pas d’acceptabilité sociale pour nos Premières Nations, martèlent les chefs Kistabish et Wabanonik . Cela implique que nous ne donnerons pas notre consentement au mégaprojet combiné Lithium Amérique du Nord-Authier de Sayona et que nous nous opposerons à toute activité de la minière sur nos territoires. » 

Les communautés algonquines pourraient aller plus loin dans leurs revendications, et s’inspirer de leurs collègues de Long Point First Nation, qui ont planté symboliquement un drapeau près de la route 117, à la hauteur de Preissac.  « Pourquoi pas, lance Lucien Wabanonik.  Nous pourrions mettre nos drapeaux à l’entrée de l’usine de La Corne.  Cela fait plus d’un siècle que les richesses minérales de nos terres sont explorées et exploitées par le gouvernement du Québec et l’industrie minière sans notre consentement et sans une juste compensation. Nous n’acceptons pas que cette nouvelle génération de mines répète les erreurs du passé. Nous refusons de continuer à être ignorés par l’industrie et les gouvernements. » 

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