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13 décembre 2018

Anne Blondin - ablondin@lexismedia.ca

Le jeu compulsif pas plus préoccupant ici qu’ailleurs

Le CISSSAT nuance les résultats d’une étude nationale

AB-JeuCompulsif1

©Photo gracieuseté

Le nombre de demandes de soins en lien avec le jeu pathologique a très peu changé au cours des dernières années. Environ une centaine de personnes dans la région ont recours à des traitements pour soigner leur dépendance.

L’Abitibi-Témiscamingue ne compte pas plus de joueurs compulsifs que le reste de la population du Québec, bien que des données publiées en novembre par le gouvernement du Québec semblent préoccupantes. Bon an, mal an, une centaine de personnes reçoivent des services reliés au jeu compulsif dans la région.

Les statistiques parues en novembre indiquent que 65,6 % de tous les Québécois ont participé à au moins un jeu de hasard et d’argent au cours des 12 derniers mois. Ce pourcentage grimpe à 75,6 % pour la région de l’Abitibi-Témiscamingue. Il serait facile de croire que cela a un impact sur la dépendance au jeu, mais cela ne semble pas l’avis de Thierry Simard, professionnel en dépendance et itinérance pour le CISSSAT.

«En Abitibi-Témiscamingue, on est une petite région au niveau de la population. Lorsqu’on se compare à des grands centres ou des régions plus populeuses, les chiffres peuvent paraître plus gros qu’ils ne le sont en réalité», a-t-il donné comme justification.

Une différence importante

Selon les études statistiques réalisées à partir des données recueillies dans le cadre du projet de développement d’un indice de jeu préjudiciable, 52,2 % de la population de la région participerait une fois et plus par mois à un jeu de hasard et d’argent. Ce pourcentage est le plus élevé du Québec, alors que la moyenne provinciale se situe à 34,9 %.

«Il y a toute une différence entre une personne qui participe à des jeux d’argent et de hasard et une qui souffre de jeu compulsif, a fait observer M. Simard. Certaines personnes vont acheter leur billet de 6/49 chaque semaine durant toute leur vie et vont se limiter à ça. Cela va devenir problématique quand la personne commence à investir beaucoup plus d’argent qu’elle ne pensait le faire au début. Je pense, par exemple, à la personne qui planifiait jouer 20 $ dans un appareil de loterie vidéo et qui, finalement, perd 2000 $. Il y a aussi une perte de contrôle dans le temps et de l’énergie investie autour du jeu. Mais dans l’ensemble, la majorité des personnes qui s’adonnent au jeu de hasard et d’argent n’ont pas de dépendance. Il ne faut pas être alarmiste.»

«La majorité des personnes qui s’adonnent au jeu de hasard et d’argent n’ont pas de dépendance. Il ne faut pas être alarmiste» - Thierry Simard

Environ 100 suivis par année

Thierry Simard travaille dans le domaine de la dépendance et de l’itinérance depuis un peu plus de 10 ans. Au cours de cette période, il n’a pas constaté de grande variation du nombre de personnes ayant suivi des traitements en lien avec le jeu pathologique.

«On estime que 1,35 % de la population est à risque de développer le jeu pathologique et que 0,7% vit avec un problème de jeu bien concret. C’est le même taux de prévalence qu’ailleurs au Québec. Dans la région, on traite environ une centaine de personnes par année», a-t-il indiqué.

De l’aide existe

Malgré tout, le problème lié au jeu compulsif demeure l’une des préoccupations des intervenants en dépendance de la région.

«Nous avons développé un réseau de ressources à travers l’ensemble de la région, a signalé M. Simard. Nous avons formé de nombreux intervenants communautaires et du domaine de la santé afin qu’ils puissent utiliser nos outils de détection. Par la suite, la personne sera recommandée aux bonnes ressources si elle est à risque de développer une dépendance au jeu ou si elle est dépendante. Les cliniciens en place font un très bon travail. Il ne faut pas hésiter à aller vers les services si quelqu’un en ressent le besoin.»

Il a tenu à rappeler que les gens peuvent obtenir de l’aide en passant par les organismes communautaires, le CLSC et même les groupes de médecine familiale. De plus, de nombreuses interventions de prévention sont faites annuellement.

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