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25 septembre 2017

Patrick Rodrigue - prodrigue@lexismedia.ca

L’industrie forestière à la croisée des chemins

15 000 emplois à combler d’ici cinq ans dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre

©TC Media - Patrick Rodrigue

Alors que toute l’attention semble concentrée sur les mines, une centaine de personnes de tous les horizons du Québec se sont réunies à Rouyn-Noranda, le 25 septembre, pour discuter de l’avenir de l’industrie forestière.

Cette deuxième édition du Forum Innovation Bois a permis de dresser le bilan du chemin parcouru depuis le premier rendez-vous, qui s’était tenu à Rivière-du-Loup en octobre 2016. Quarante mesures réparties en quatre axes en avaient alors émergé, dont 80 % ont depuis été mises en œuvre pour soutenir l’innovation et la modernisation de l’industrie forestière québécoise.

«Les échanges d’aujourd’hui vont bonifier notre nouvelle stratégie forestière, dont la sortie est prévue pour l’hiver prochain», a indiqué le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, qui en prêchant par l’exemple avait revêtu pour l’occasion des lunettes à montures en bois fabriquées au Québec ainsi qu’une cravate en bois articulé.

Une main-d’œuvre rarissime

Tout au long de la journée, près d’une vingtaine d’intervenants ont pris la parole, tantôt pour exposer différents projets qui devraient aboutir prochainement, tantôt pour discuter des grands enjeux de l’industrie forestière, tantôt pour échanger sur les défis à relever sur le plan de la main-d’œuvre.

Le PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec, André Tremblay, a notamment souligné que d’ici cinq ans, 15 000 postes allaient devoir être comblés. Et pourtant, la relève boude le secteur. «Nous devons montrer à la population que notre secteur est en croissance, a fait valoir Jocelyn Lessard, directeur général de la Fédération québécoise des coopératives forestières. Il y a encore beaucoup de désinformation sur nos perspectives d’emploi.»

Cette mauvaise image nuit aussi au recrutement dans les programmes de formation. «L’industrie ne fait pas assez connaître ses bons coups ni ce qu’elle veut», a signalé le recteur intérimaire de l’UQAT, Denis Martel.

Défi audacieux

Pour sa part, le premier vice-recteur de l’Université Laval, Robert Beauregard, a proposé pour l’industrie forestière un défi audacieux: augmenter la production et la récolte de bois tout en protégeant mieux la forêt et en contribuant de manière importante à la lutte contre les changements climatiques.

«On focusse trop sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et pas assez sur l’accroissement des puits de carbone, a-t-il mentionné. C’est comme si on voulait vider un bain: on a beau réduire la taille du robinet, si on n’augmente pas celle du drain, l’eau ne s’en ira pas plus vite. La forêt peut jouer ce rôle. Sur le plan technique, c’est possible d’augmenter d’au moins 30 % la production de bois tout en protégeant mieux la forêt.»

Stabiliser l’approvisionnement

Plusieurs intervenants ont toutefois fait remarquer que tous ces efforts d’innovation et de promotion ne déboucheront sur rien si un approvisionnement en fibre stable et à un coût compétitif n’est pas garanti.

«L’Abitibi-Témiscamingue, c’est 10 scieries qui ont une capacité de traiter 7 millions de mètres cubes de bois. Actuellement, les approvisionnements de la forêt publique, de la forêt privée et des importations de l’Ontario donnent environ 5,85 millions de mètres cubes. On a donc un déficit de 1,15 million de mètres cubes», a évalué Michel Sigouin, directeur général des opérations pour le Québec chez Eacom.

Non seulement les usines pourraient traiter plus de bois, mais ce bois est actuellement trop cher, estime l’industrie. «Juste pour les redevances forestières, nous avons une différence de 18 $ le mètre cube entre notre usine de La Sarre et celle de Cochrane. C’est pourtant le même bois; seule une frontière le sépare», a fait observer Michel Lessard, vice-président de la gestion des ressources forestières chez Tembec.

7,65 M $ pour continuer l’innovation

Le ministre Luc Blanchette a déclaré avoir pris bonne note des préoccupations de l’industrie. Il a assuré qu’il y donnerait suite, en particulier la question des coûts et de l’approvisionnement en fibre et celle de la planification des travaux forestiers.

Il a aussi profité du Forum pour dévoiler une série d’initiatives visant à stimuler encore davantage l’innovation et une meilleure utilisation de la ressource forestière. Celles-ci totalisent 7,65 M $, parmi lesquelles figure un montant de 4 M $ qui sera octroyé à l’UQAT, l’UQAR, l’UQAC et l’UQO, à raison de 500 000 $ par année sur deux ans. Cet argent financera des recherches sur la sylviculture et l’aménagement forestier durable.

M. Blanchette a aussi annoncé le renouvellement, pour une durée de cinq ans, des activités de la Chaire industrielle de recherche de l’Université Laval sur la construction écoresponsable en bois. Un budget de 1,75 M $ s’y trouve rattaché. Dans la même veine, l’organisme FPInnovations recevra 1,2 M $ pour peaufiner ses études sur les matériaux à faible empreinte de carbone.

Un contrat d’un an, d’une valeur de 100 000 $, sera aussi octroyé à la Clef pour l’intégration au travail des immigrants. «L’argent servira à mieux encadrer les nouveaux arrivants qui ont une formation et de l’expertise dans la construction en bois», a précisé le ministre.

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