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08 mars 2019

Lucie Charest - lcharest@lexismedia.ca

Les voix célestes condamnées au mutisme?

Des chorales d’église traversent un manque criant de relève

Chorale église

©Lucie Charest - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Les chorales d’église manquent de plus en plus de relève.

Il est de moins en moins rare au Témiscamingue de voir des chorales faire appel aux membres de chorales des municipalités voisines pour des occasions ponctuelles comme des funérailles. C’est notamment le cas à Lorrainville. Portrait de ces voix qui tiennent le fort.

Lucie Desrochers, organiste, demeure à Duhamel-Ouest. Diane Ringuette, directrice de chorale, réside à Ville-Marie. Depuis plusieurs années, comme plusieurs de leurs collègues, elles viennent en renfort aux chorales de Lorrainville, Béarn et, jusqu’à tout récemment, de Fabre, avant la fermeture définitive de l’église à l’hiver.

Mme Desrochers est entrée dans la chorale de Fabre dès l’âge de huit ans. Elle a été approchée par la chorale de Lorrainville voilà sept ans. «Comme je suis à la retraite, j’avais des disponibilités, a-t-elle noté. C’est une activité sociale que j’avais beaucoup appréciée par le passé. Aujourd’hui, voir ces gens qui se consacrent à conserver la vitalité à leur église, ça me touche beaucoup, ça m’allume. C’est important pour moi d’y collaborer aussi.»

Lucie Desrochers

©Lucie Charest - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Lucie Desrochers a recommencé à toucher l’orgue d’église une fois à la retraite.

Vivre sa passion

Directrice de chorale suppléante à Ville-Marie, Mme Ringuette assume de plus la direction de la chorale de Béarn et de Lorrainville pour les funérailles. Après une vingtaine d’années de pause, elle est finalement revenue à ses premières amours il y a quelques années.

«D’une manière, faire partie d’une chorale m’a pratiquement sauvé la vie. La musique, c’est une passion pour moi, et je peux encore la vivre, a-t-elle confié. J’avais fait partie de chorales à l’école dès mon adolescence. J’ai étudié en musique à partir de l’âge de 10 ans.» De fil en aiguille, elle a ensuite commencé à chanter à la Messe de minuit, puis joint la chorale d’Augustin Chénier à l’église de Ville-Marie.

Diane Ringuette

©Lucie Charest - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Diane Ringuette, a toujours aimé la musique et le chant choral.

«Aujourd’hui, voir ces gens qui se consacrent à conserver la vitalité à leur église, ça me touche beaucoup, ça m’allume. C’est important pour moi d’y collaborer» - Lucie Desrochers

Émotion et recueillement

Plusieurs s’entendront pour dire que les chants pendant les funérailles sont un moment clé dans le processus d’apaisement après la perte d’un être cher. Cependant, ce moment rempli d’émotions se créerait justement en l’absence la plus complète d’émotion, selon Diane Ringuette.

«J’ai appris très rapidement à me retirer émotionnellement de la situation, a-t-elle reconnu. Sinon, on n’arrive pas à passer au travers, on ne chante pas bien, on a la gorge nouée. Pour exprimer une émotion avec notre voix, il faut bien respirer, garder le bon tempo, donner un sens aux mots.»

Chacune des dames rencontrées, a évoqué son rapport et son attachement au chant de belle façon. Par exemple, Réjeanne Trudel-Bellehumeur, qui a été coordonnatrice de la chorale de Lorrainville pendant neuf ans, fait un lien entre le chant et le recueillement.

«C’est un moment très important quand on chante, a-t-elle fait observer. Un moment de recueillement incroyable. J’ai pratiquement toujours chanté à la chorale. Je ne suis pas une voix solo. J’apporte ma voix au groupe.»

Après être retournée à l’enseignement, elle n’était pas toujours disponible. Son mari, Yvan Bellehumeur, était plus assidu. «Pendant une trentaine d’années, il a chanté le Minuit chrétien à chaque Messe de minuit, a-t-elle relaté. Tout au long de la journée avant la cérémonie, il était d’un grand calme. Il se préparait. C’était un moment de grand recueillement.»

Réjeanne Trudel-Bellehumeur

©Lucie Charest - Le Citoyen Rouyn - La Sarre

Pour Réjeanne Trudel-Bellehumeur, chanter dans une chorale est un moment de recueillement.

Relève faites entendre votre voix

Denise Pître a joint les rangs de la chorale de Lorrainville il y a cinq ans. Elle a récemment pris la relève à la coordination. Son rôle consiste principalement à transmettre les partitions, convoquer les pratiques et contacter des membres de chorales voisines lorsqu’elles en ont besoin.

«Actuellement, nous sommes une quinzaine lorsqu’il y a des funérailles, dont une dizaine sont de la municipalité, a-t-elle dénombré. La chorale a déjà compté de 20 à 25 membres uniquement à Lorrainville.»

Il est de plus en plus fréquent que des prêtres aient à leur charge plusieurs paroisses. Au cours des dernières années, plusieurs églises ont fermé leurs portes, dont plus récemment Fugèreville et Fabre, à moins de six mois d’intervalle. Les chorales d’église n’échappent pas à cette désertion des fidèles. Aucun doute que leur souhait le plus cher serait que d’autres voix se joignent aux leurs pour garder vivante cette tradition du chant d’église.

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