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21 juin 2019

Jean-François Vachon - jfvachon@lexismedia.ca

Keven Tremblay reconnu coupable de voies de fait graves

Keven Tremblay

©Photo tirée de Facebook

Keven Tremblay, 27 ans, a été reconnu coupable de voies de fait graves pour des gestes commis à la sortie du bar O 69, dans la nuit du 13 au 14 octobre 2017.

Keven Tremblay, 27 ans, a été reconnu coupable de voies de fait graves, le 20 juin au Palais de justice de Rouyn-Noranda, à la suite d’une altercation survenue au bar O 69. 

Les évènements sont survenus lors d’une soirée bien arrosée dans le bar de danseuses de l’avenue Principale, dans la nuit du 13 au 14 octobre 2017. 

La victime, déjà un état d’ébriété avancé, se rend au bar en compagnie d’amis. Alors qu’elle discute avec des amis, obstruant un passage, Tremblay se lève pour aller fumer à l’extérieur. Alors que l’accusé demande à la victime de s’écarter, cette dernière lui répond de passer plus loin. Une altercation s’ensuit, à la suite de laquelle la victime est expulsée de l’établissement. 

Quelques instants après ce premier évènement, Tremblay sort à l’extérieur et croise à nouveau la victime, qui est toujours sur les lieux. Les deux belligérants s’invectivent et se bouscule. L’accusé assène finalement un solide coup de poing au visage de la victime, qui tombe, inconsciente, et se fracasse le crâne sur le trottoir. 

La victime subit alors une hémorragie crânienne. Elle est transférée à Montréal, où une opération visant à retirer une partie de sa boîte crânienne a lieu. Elle passe ensuite quelques jours dans le coma pour finalement se réveiller dans l’hôpital montréalais. 

Contredit par un enregistrement vidéo 

Keven Tremblay a invoqué la légitime défense pour expliquer son geste. 

Dans sa version des faits, l’homme de 27 ans a rapporté qu’à l’intérieur du bar, il avait demandé deux fois à sa victime de s’écarter. Cependant, la bande vidéo d’une caméra de surveillance avait autre chose à dire, prouvant qu’il n’avait demandé cela qu’une seule fois à la victime. 

«L’accusé, par son entêtement à maintenir sa version malgré la réfutation par l’enregistrement, s’est créé une réalité pour paraître plus sympathique. Il dépeint sa victime négativement et, par ce fait, voit sa crédibilité en être affectée», a indiqué la juge Marie-Claude Bélanger dans son jugement. 

De plus, Tremblay maintenait qu’il s’agissait du seul endroit où passer, ce que la bande vidéo a réfuté une nouvelle fois. «On voit un homme marcher d’un bon pas pour sortir. L’accusé n’a pas cherché à trouver une autre issue. Il a décidé qu’il allait passer là et que sa victime n’allait pas l’en empêcher», a soutenu la juge Bélanger. 

Manque de crédibilité 

Comme dernier clou dans sa défense, Keven Tremblay soutenu qu’il ne voulait pas chercher d’ennuis à ce moment-là. Or, il a quitté l’établissement quelques instants seulement après l’expulsion de la victime. 

«La personne vient de sortir. Il est raisonnable de croire qu’elle attendra ses amis et qu’elle jasera de l’évènement en attendant un moyen de transport. De plus, l’accusé n’a pas l’attitude de quelqu’un qui ne veut pas de problèmes. Il sait que sa victime est saoule. Il ne voulait tout simplement pas que sa victime ait le dernier mot. Il a une attitude belliqueuse en disant qu’il peut être là, mais pas sa victime», a fait valoir la juge. 

«Son témoignage n’a pas à me convaincre, mais il doit être plausible. Son récit comporte des invraisemblances et ne tient pas la route. C’est suffisant pour attaquer sa crédibilité. Je ne crois pas sa version des faits», a-t-elle ajouté. 

Sept témoins 

Des sept témoins entendus lors du procès, un seul partageait la même vision que l’accusé, soit un de ses amis. Selon la version de ce dernier, la victime aurait eu un mouvement de la main droite à la hauteur de la taille de l’accusé. 

La juge Marie-Claude Bélanger n’a cependant pas cru ce témoignage. D’abord, l’ami a soutenu avoir été distrait par une conversation et ne pas avoir vu le coup. «Il est invraisemblable que son ami soit près de se faire frapper et qu’il se laisse distraire par une conversation. Il veut voir ce qu’il veut voir et éviter de nuire à son ami», a-t-elle fait valoir. 

De plus, les versions de deux autres témoins étaient en contradiction. Un des témoins, qui ne connaissait ni la victime ni l’accusé, a indiqué que Keven Tremblay avait servi un «sucker punch» à la victime, alors que cette dernière n’était pas en position de se défendre ou d’attaquer. 

Verdict 

Keven Tremblay invoquait la légitime défense pour expliquer ses actes. Or, les témoignages ont démontré qu’une personne raisonnable, placée dans les mêmes circonstances, n’aurait pas agi de cette façon. «L’ensemble des preuves démontrent que l’accusé a commis des voies de fait graves. Il est donc déclaré coupable», a déclaré la juge Marie-Claude Bélanger. 

Un rapport présentenciel a été demandé par l’avocat de la défense, Me Jean McGuire. L’accusé reviendra le 8 octobre devant la Cour pour les représentations sur sentence. Il risque une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison, selon ce que prescrit le Code criminel. 

Plusieurs antécédents 

Keven Tremblay possède plusieurs antécédents. Il a notamment conduit en état d’ébriété. Par la suite, par deux fois, il a conduit pendant que cela lui était interdit. Il a aussi plaidé coupable à des accusations de violence conjugale, de méfaits, de possession simple de stupéfiants et de quelques chefs de défaut de se conformer à une ordonnance. 

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