Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Éducation

Retour

07 novembre 2019

Anne Blondin - ablondin@lexismedia.ca

Des projets de vie risquent de tomber à l’eau

La réforme en immigration cause des maux de tête au Cégep

AB-ReactionImmigrationCegep

©Photo gracieuseté

Le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue s’inquiète des impacts qu’auront les nouvelles mesures du gouvernement Legault en matière d’immigration.

Le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue est inquiet des répercussions que pourrait avoir la réforme en immigration du gouvernement Legault. Il doit revoir sa stratégie pour attirer les étudiants étrangers sans pouvoir leur promettre un avenir au Québec.

L’équipe de recrutement du Cégep est sur le point de quitter la région pour aller à la rencontre de futurs étudiants internationaux qui rêvent de venir étudier au Québec. «Ces étudiants en font un projet de vie et ils doivent faire des choix déchirants pour venir étudier parmi nous. Ils prennent souvent la décision de quitter leur pays et leur famille dans l’espoir d’étudier et de pouvoir immigrer ici», a expliqué la directrice du Service des affaires étudiantes et des communications, Kathleen Slobodian. 

Trois programmes écartés 

Les nouvelles mesures du gouvernement Legault vont diminuer l’accès au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui avait pour mandat de faciliter l’accession à la résidence permanente des étudiants étrangers qui obtenait leur diplôme au Québec ainsi que les travailleurs étrangers temporaires. 

La CAQ a ciblé plusieurs programmes qui permettront l’accès au PEQ. Cette liste sera cependant révisée tous les ans. Ce qui embête le Cégep, c’est que trois des cinq programmes qu’il cible lors du recrutement à l’étranger ne figurent pas sur la liste du gouvernement, soit Technologie forestière, Technique de travail social et Technique de comptabilité et de gestion. 

«Pour la session d’automne 2019, nous avons 87 étudiants internationaux inscrits à notre cégep. De ce nombre, une vingtaine seraient inéligibles au PEQ si le gouvernement n’avait pas choisi d’accorder un droit acquis pour les étudiants qui y étaient déjà inscrits avant les modifications», a poursuivi Kathleen Slobodian. 

«Une vingtaine d’étudiants seraient inéligibles au PEQ si le gouvernement n’avait pas choisi d’accorder un droit acquis pour les étudiants qui y étaient déjà inscrits avant les modifications» - Kathleen Slobodian 

Plusieurs questionnements 

L’incertitude créée par les modifications en matière d’immigration génère plusieurs questionnements auprès du personnel du Cégep. 

«La liste des programmes choisis par le gouvernement doit être révisée chaque année. Qu’arrivera-t-il lorsqu’un programme ne figurera plus sur cette liste? Est-ce que les étudiants qui sont arrivés au Québec en s’inscrivant à ce programme auront toujours accès au PEQ ou cela ne sera plus le cas lors de leur diplomation? Et s’il disparaît une année pour réapparaître l’année suivante? Ce sont des questions auxquelles nous n’avons aucune réponse pour le moment. Que répondrons-nous lorsque nous rencontrerons les futurs étudiants étrangers? Nous dirons la vérité: nous ne savons pas ce qu’il va leur arriver», a ajouté Mme Slobodian. 

Besoins spécifiques 

Kathleen Slobodian a réaffirmé qu’un des mandats du Cégep est d’aider le développement de la région, et cela, en formant la future main-d’œuvre qualifiée. 

«Nous savons que la pénurie de main-d’œuvre frappe dans notre région, et le recrutement d’étudiants à l’international qui ont l’envie de s’installer chez nous est l’une des solutions. En tant qu’institution collégiale et partenaire de notre communauté, on se doit d’aider», a-t-elle souligné. 

«Nous offrons des programmes de formation de qualité et reconnus, dans un milieu francophone et humain qui a la capacité et la volonté de bien intégrer les nouveaux arrivants. Mais lorsque nous allons rencontrer de futurs étudiants à l’international, nous devrons être honnêtes et leur dire que nous ne savons pas s’ils pourront immigrer chez nous à la suite de leurs études. On devient donc une option beaucoup moins intéressante pour eux», a fait valoir Mme Slobodian. 

Commentaires

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média