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08 novembre 2019

Anne Blondin - ablondin@lexismedia.ca

Des photos vues par plus de 2 millions de personnes

Projet de sensibilisation des élèves de 6e année de Notre-Dame-de-Grâce

AB-MediasSociaux_NDG

©Photo Le Citoyen – Anne Blondin

Quelques élèves de 6e année de l’école Notre-Dame-de-Grâce ont recensé l’ensemble des pays où leur photo a été transmise par Facebook.

Les trois classes de 6e année de l’école Notre-Dame-de-Grâce ont tenté une expérience sur Facebook: publier une photo de la classe et constater comment elle allait se propager. Les professeures et les élèves ont tous été surpris de l’ampleur qu’a prise leur petite expérience sur les réseaux sociaux. 

Le projet a vu le jour en raison d’une intervention de l’éducatrice spécialisée Mélissa Bellavance. «Il y avait une problématique de rumeurs au sein de l’école. J’ai donc voulu trouver des solutions. J’avais déjà vu des projets semblables sur Internet. Je trouvais que ça faisait un lien avec les rumeurs puisque l’on pouvait démontrer à quel point une information peut se propager rapidement», a-t-elle expliqué. 

Le projet avait aussi comme objectif de sensibiliser les jeunes aux médias sociaux et aux informations que l’on peut transmettre sans s’en rendre compte. «Nous avons été chanceux parce que nous n’avons reçu que du positif en lien avec nos photos, mais parfois ça peut tourner autrement», a indiqué Sophie, l’une des enseignantes impliquées. 

«Du moment où tu publies quelque chose, tu as peu de contrôle sur qui va la voir. D’où l’importance de réfléchir à ce que l’on diffuse», a fait valoir Sylvie, une autre enseignante. 

«Du moment que tu publies quelque chose, tu as peu de contrôle sur qui va la voir» - Sylvie, enseignante 

Dépasser les frontières 

Les résultats obtenus sont allés bien au-delà de ce que les élèves et leurs enseignantes croyaient. Les photos ont été publiées le 17 octobre. En date du 8 novembre, moment où la rédaction a rencontré les élèves, les photos avaient été partagées 51 706 fois et elles avaient été vues à 2 269 230 reprises par des gens vivant dans pas moins de 59 pays répartis sur les 5 continents. 

«À un moment donné, un élève nous a dit que notre photo avait été partagée en Corée du Nord. Je lui ai dit que cela serait très surprenant et j’ai pu expliquer à mes élèves pourquoi, en parlant du contexte politique de ce pays. Finalement, après vérification, la publication avait été vue par une personne de la Côte-Nord», a raconté l’enseignante Sophie. 

En plus de traiter des rumeurs, le projet a permis de toucher différents aspects scolaires, dont l’univers social avec la géographie, parce que les élèves ont situé les villes et pays où leur photo a été partagée. 

La parole aux élèves 

Si la majorité des élèves de 6e année de l’école Notre-Dame-de-Grâce voulaient se prêter au jeu, quelques-uns avaient des inquiétudes. «Certains pensaient qu’on allait avoir des mauvais commentaires, qu’on allait se faire humilier, qu’on allait être mal vus par les autres. Nous avons été surpris par tous les bons commentaires», a confié Thalie, élève de la classe de Sylvie 

«C’était une belle façon de traiter des dangers d’Internet. Ça nous a permis de réaliser que lorsque tu postes une photo, elle reste là. Nous avons eu beaucoup de partages et ça m’a vraiment surpris. Il faut être responsable et mature quand on utilise les réseaux sociaux», a mentionné Ulysse, de la classe d’Audrey-Ann. 

Florence, une élève de Sylvie, a fait le parallèle avec l’objectif de départ, qui était de parler de la problématique des rumeurs dans l’école. «Je trouve qu’on ne se rend pas compte, quand on lance une rumeur, à quel point ça peut grossir et se rendre loin. Avec cette expérience, je pense que les élèves se sont rendus compte que ce qu’on dit ou met sur les réseaux sociaux peut avoir de grands impacts», a-t-elle souligné. 

Changements d’habitudes 

Même si très peu des élèves rencontrés avaient des comptes sur les réseaux sociaux, ils ont affirmé avoir appris beaucoup sur leur fonctionnement. Ulysse a indiqué avoir des comptes Instagram et Tik Tok. «J’utilise ces médias pour mettre de l’avant mes talents artistiques en publiant mes dessins, entre autres. Au lieu de ne poster que des photos de soi pour montrer à quel point on est beau, je trouve qu’on peut montrer beaucoup plus que cela, dont son talent», a-t-il résumé. 

Ceux qui possédaient des comptes ont avoué avoir fait du ménage dans leurs publications à la suite de l’expérience. 

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