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03 novembre 2021

Jessica Gélinas - jgelinas@lexismedia.ca

Le documentaire «Cocotte» d’Hélène Théberge à L’affiche au FCIAT

Une oeuvre sensible et poignante

Film Cocotte (1)

©Photo Hélène Théberge

Photo Hélène Théberge

Le documentaire intimiste «Cocotte» de la réalisatrice Hélène Théberge est présenté le mercredi 3 novembre au Festival du Cinéma International en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT). Sensible et poignant, ce court-métrage impose une réflexion, qui est plus que nécessaire, par son propos bouleversant. 

Avec toute sa sensibilité artistique, la réalisatrice de Rouyn-Noranda aborde, de manière très personnelle, les abus et agressions sexuelles dont elle a malheureusement été victime à l’âge adulte.  

Se berçant entre des archives vidéos de la tendre et heureuse enfance de la cinéaste et des images captées de sa vie d’adulte, l’œuvre valse entre les deux époques. La narration agit à titre de lettre que la réalisatrice adresse à l’enfant qu’elle était. 

«Devenir une femme c’est un concept que je n’imaginais pas quand j’étais jeune. Je pensais devenir une adulte, mais pas une femme qui embrasse toute cette féminité. Mais surtout, je ne me voyais pas devenir une femme qui allait vivre du harcèlement et des agressions sexuelles. Ce n’est pas quelque chose qu’on imagine quand on est jeune», a confié Hélène Théberge. 

«Ça faisait un moment que je voulais être en paix avec certaines choses qui se sont passées dans ma vie. Le fait de l’expliquer à la petite fille que j’étais avec toute son innocence, je trouve que ça me permettait de faire la paix avec ces évènements», a-t-elle précisé. 

La démarche artistique de Mme Théberge a commencé à prendre forme lorsqu’elle est tombée sur un dossier contenant des images et vidéos de son enfance. C’est à ce moment qu’un souvenir précis lui est revenu en mémoire.  

«Je me suis rappelé de la conversation que j’avais eue avec ma mère où elle m’avait dit qu’elle et mon père avaient reçu une lettre de l’école qui disait qu’un monsieur se promenait aux alentours, elle m’avait dit de faire attention. Ça m’avait vraiment fait peur. Mais à 5 ou 6 ans, je me disais que jamais ça n’allait m’arriver», s’est-elle remémoré. 

«En voyant ces images, je me suis dit que j’avais besoin de rassurer cette enfant-là. Que ça allait arriver, mais que ce n’était pas grave, que ça ne ferait pas moins d’elle une femme. Qu’elle serait une survivante et qu’elle allait s’en sortir», a-t-elle poursuivi. 

La création de ce documentaire a été thérapeutique pour l’artiste. «C’est une démarche artistique importante pour moi, s’il y a des femmes qui peuvent voir ça et voir que c’est possible de s’exprimer et de laisser tomber ce poids, ce sera tant mieux», a-t-elle exprimé.  

Le titre «Cocotte» comporte une symbolique importante pour la cinéaste de Rouyn-Noranda. En effet, sa mère ainsi que sa grand-mère, deux femmes qu’elle admire, lui avait affectueusement donné ce surnom lorsqu’elle était toute petite. 

«Ma mère et ma grand-mère sont des figures féminines fortes. Je trouvais que d’utiliser le surnom qu’elles me donnaient quand j’étais jeune fonctionnait parfaitement avec ce projet», a indiqué Mme Théberge. 

Fil Cocotte (2)

©Image tirée du film «Cocotte»

Image tirée du film «Cocotte»

Le collectif OMEGA 

Le collectif OMEGA, porté par Hélène Théberge, est né dans le cadre d’un projet de maitrise à l’UQAT. Ce collectif a pour mission d’offrir des opportunités aux femmes de créer des œuvres artistiques dans un contexte sain et inclusif. 

Au départ, le projet était mené par six femmes issues du milieu de la création numérique. 

Lors de la première année de la maitrise en 2019, elles avaient créé une installation transmédiatique qui simulait une journée dans la vie d’une personne du sexe féminin. À l’aide de différents dispositifs tels que la réalité virtuelle, les gens qui suivaient le parcours pouvaient vivre des situations de harcèlement sexuel. Ce projet avait pour objectif de créer de l’empathie chez les personnes qui n’ont jamais été confrontées à ce type de situations toxiques. 

Avec la pandémie qui s’est pointée le bout du nez, les 5 collaboratrices sont reparties en France et elles ne sont pas revenues pour la deuxième année de maitrise. C’est alors que Mme Théberge s’est retrouvée seule aux commandes. 

«Comme je ne sais pas faire de réalité virtuelle,  j’ai dû me réinventer. Je suis allée dans ce que je suis le plus à l’aise, c’est-à-dire le cinéma et l’accompagnement de projets artistiques. Les femmes intéressées peuvent me contacter», a indiqué Hélène Théberge. Je parle beaucoup des femmes, mais les hommes ne sont pas exclus du projet. En fait, le but du collectif OMEGA souhaite donner plus de place aux femmes, parce qu’il y a un très faible pourcentage d’entre elles qui réalise ou scénarise au cinéma», a-t-elle précisé. 

Être cinéaste en région 

Détentrice d’un Baccalauréat à l’université de Concordia à Montréal, Mme Théberge était heureuse de revenir s’établir à Rouyn-Noranda. 

«Le retour en région m’a vraiment permis de m’épanouir dans ce que j’aime faire, c’est-à-dire le cinéma. C’est quelque chose que je pense que je n’aurais peut-être pas été capable de faire dans une grande ville. Ici j’ai accès à des outils et à des contacts. Je trouve ça absolument fascinant de créer des œuvres dans la région pour les gens de la région, je trouve ça vraiment le fun», a-t-elle raconté. 

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